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Marithé
1 heure 45 minutes
1 commentaire

C'est un plat complet, composé de boeuf, de pommes de terre, de navet et de carottes. Ce ragoût de boeuf mijote pendant au moins 1H30 mais le résultat en vaut la chandelle. Choisissez une viande bien tendre.

Appel Skechers Flex Arctic Réfrigérer Training Shoe zPObnS
Île-de-France, France
170 utilisateurs ont fait cette recette

Ingrédients Nb de personnes : 8

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Délicieux ! J'ai ajouté 2 feuilles de laurier. - 13 nov. 2015

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Bertrand Cantat monte à nouveau sur la scène. Il a tous les regards braqués sur lui. Il y a ceux qui sont en manque de Noirdez, et qui respirent un vent bourré d'oxygène à leur redonner des poumons gonflés de Tostaky. Et il y a ceux qui suffoquent dans un air vicié dont ils ne supportent pas les émanations morbides. Bertrand Cantat est à nouveau sous les feux et les foudres de la rampe.

Innocenter n'est pas possible. Pardonner n'est pas de notre possibilité. Critiquer est de notre possibilité, mais cela demande la discussion, et la discussion prescrit de ne pas juger par avance.

Personne ne peut innocenter Bertrand Cantat. L'innocent est celui qui n'a pas fait de mal, et Bertrand Cantat a fait tout le mal qu'il pouvait faire. Personne n'espère l'innocenter, lui-même, d'abord, ne doit pas penser un seul instant qu'il est innocent de quoi que ce soit.

Le pardon est quelque chose d'intime. Pardonner, c'est «tenir quitte»: quitte (du latin ) signifie «laisser en paix». Seule la personne qui a souffert peut pardonner à celle qui a infligé. Nous sommes trop loin pour pardonner. Notre pardon ne compte pas. Nous n'avons pas cette légitimité là.

La seule chose que nous pouvons faire, c'est critiquer, porter un regard critique. Mais cela nécessite un esprit critique, un esprit qui accepte la discussion, qui refuse la réponse avant la question. Il n'est peut-être pas possible de tout discuter, ou de tous discuter, mais si nous voulons le faire, il faut ce minimum de retrait qui laisse place à l'échange.

Il y a des mots qui sont des masques. On dit «violences conjugales» pour ne pas nommer le meurtre. On parle d'«agressions sexuelles» pour ne pas dire le viol. Ce langage est problématique. Pourquoi parler comme cela? Parce que le réel fait peur. On vit dans un monde où l'euphémisme est une épaisse paire de lunettes noires. Mais le soleil brille malgré tout, et il brûle.

Nommer pose un autre problème: le concept nie les identités. Comment parler meurtre, viol, comme si c'était quelque chose de général? Christine Angot l'a suffisamment dit et on l'a suffisamment mal entendue: «Ça n'existe pas le viol. Ce qui existe, c'est un viol par quelqu'un sur quelqu'un (…) dans une maison particulière, à une époque particulière.» On ne peut pas confondre un acte dans un tout qu'on nommerait «meurtres» comme s'ils relevaient tous de la même cause et provoquaient les mêmes conséquences.

Ce soir de tragédie, le geste insupportable de Bertrand Cantat n'est pas exactement le même que celui dont on parle lorsqu'on nomme et conceptualise les violences faites aux femmes. Il y a eu une dispute entre deux êtres qui s'aimaient mal ce soir-là. Et puis il y a eu la drogue peut-être, l'alcool sûrement, la fatigue, l'absurdité d'un monde autour. Rien n'excuse mais tout explique. Mais rien n'excuse. Il ne sera jamais question d'excuser. Aucun argument ne peut justifier la violence, qui est la réponse la plus intolérable. Il est impossible d'objecter un pervers «oui mais...» à l'intolérable. Rien ne justifie mais tout explique. Ce soir-là, tout explose et deux amants se détestent. La fureur dépasse les cœurs. L'aveuglement bestial laisse place au geste irréparable du meurtre.

Il reste trop simple d'identifier Bertrand Cantat aux «violences faites aux femmes». Bien sûr que cela est plus complexe. Et c'est pourquoi cela est insupportable, effrayant et tragique. Nous ne voulons pas de cette complexité-là. Il faut qu'il soit radicalement un monstre. Nous voulons un monde qui distingue très clairement les héros et les monstres. Nous voulons des Superman et des Captain America, des héros pour purges psychologiques qu'un Bettelheim analysera: le Grand Méchant Loup, L'Ogre, etc... Les Grecs avaient Œdipe, Héraklès, Médée. Ils avaient des humains humains, nous voulons des humains trop humains. Lorsque Bertrand Cantat entre en scène, il est Œdipe; c'est-à-dire qu'il porte avec lui, sur lui, tout le drame qu'est sa vie: sa poésie, sa réponse au Sphinx, et les meurtres dont il est responsable sans salut possible.

La médiatisation qui vise Bertrand Cantat est quelque chose d'extérieur à lui. Il n'a jamais cherché cette lumière. On s'intéresse à lui. Bien entendu que c'est lui qui a décidé de monter sur scène. Et après? Il fait son métier, c'est-à-dire qu'il essaye d'exister. Parce qu'à partir d'un certain point, l'art a besoin du public pour être. Condamner Bertrand Cantat à ne pas chanter, c'est le condamner à ne plus exister. Il ne chante pas par simple plaisir: il fait ce pour quoi il est fait, autrement dit ce qui lui donne une raison d'être. Un homme qui recouvre sa liberté ne la recouvre pas sous certaines conditions. Bertrand Cantat est libre, et sa liberté ne peut s'exprimer autrement que sur la scène.

Voici qu'on en fait un symbole. Il faut se méfier des symboles, ce sont des objets à double tranchant. En confondant les malheurs, et en oubliant que tout drame est une histoire, on fait de Bertrand Cantat une allégorie: l'homme violent envers les femmes. Xavier Cantat, qui est le mieux et le plus mal placé pour parler de son frère, dit qu'il n'a jamais vu son frère violent contre quiconque, et justifie: «Il y a eu des enquêteurs privés, et puis il y a eu la police française qui a fait des enquêtes, et personne n'a rien trouvé. Toutes les ex' de Bertrand ont été interrogées, jamais, jamais il n'a touché une fille.» Il ajoute: «Si deux personnes se bagarrent et si on se rend compte qu'il y en a un des deux qui est juif, c'est pas forcément un attentat antisémite.» Cela n'enlève rien à la gravité du geste, à son caractère tragique. Rien. Deux amants se sont battus et l'un a tué l'autre. Bertrand Cantat est assurément un meurtrier, pas un batteur de femmes.

Que faire d'un symbole malgré tout? Wajdi Mouawad avance l'idée selon laquelle «Si vous décidez que le symbole est plus important que la justice, il ne faut pas qu'il monte sur scène. Mais s'il ne monte pas sur scène, (...) ça veut dire que vous sacrifiez un peu l'idée que vous avez de la justice, puisque vous lui infligez une deuxième peine».

Bertrand Cantat est un grand poète. Il n'y peut rien, son public non plus. De la même manière qu'on ne peut pas discuter de sa culpabilité: Bertrand Cantat est coupable; on ne peut pas discuter de son talent: il est un artiste talentueux. C'est injuste, le talent, c'est amoral, et c'est dictatorial. Ça n'arrive pas dans les bonnes conditions, chez les personnes les plus respectables. Parfois, dans le siècle, des êtres portent plus haut et plus beau les paroles. Bertrand Cantat est un artiste extraordinaire. Et, comme il serait bon de se le rappeler plus souvent, l'art, n'est pas un luxe, une fantaisie ou un loisir. L'art est une raison d'être au monde, d'être là, vivant. L'art est le premier et dernier combat à mener, le premier et dernier poing à lever contre ce despote qu'est l'absurdité. L'art, c'est aussi, d'abord, ce qui résiste à la mort. Et ce qui résiste à la mort, c'est l'amour.

Détroit, .

Personne, personne, personne, ne peut juger l'amour de Bertrand Cantat pour Marie Trintignant. Personne ne peut donner son avis sur . Personne n'a son mot à dire. Aucune nuit, même la plus tragique de tout le reste de la vie, ne peut éclipser l'amour, malgré tout. C'est terrible. C'est fou à en hurler. C'est cruel à en pleurer. Mais c'est ça, la vie.

De quoi Bertrand Cantat est-il coupable? De tout. Lorsqu'il s'avance sur la scène, c'est un homme qui «contemple le désastre de sa propre vie», un homme qui est la vie et la mort qu'il porte de front. Est-ce que cela fait de lui un coupable de l'éternel? Sûrement. Est-ce qu'un coupable n'est qu'un coupable? Est-ce qu'un coupable n'a plus droit au retour à la vie?

***

«ANTIGONE. Est-ce ainsi que l'on raconte les histoires des vivants et des morts dans ta cité, étranger? Est-ce ainsi que l'on témoigne pour ceux qui ne peuvent plus témoigner? Est-ce une coutume édictée par un dieu de réduire le destin d'un mortel à ses plus lamentables événements? Au nom de quelle justice devrait-on accepter cela? Mon père ne s'est pas traîné jusqu'ici pour entendre pareille injure. Quel homme, habité d'un peu d'honneur, oserait réduire un autre homme à une phrase comme tu le fais?»

, Wajdi Mouawad

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